« Dispute garantie. »

Qu’ont en commun Médée, Mel Gibson et Virginia Woolf – et peut-être vous aussi ? Exact, ils se risquent parfois à une dispute conjugale. Dans Domestica, Valentijn Dhaenens décortique les disputes de couples. Grâce au divorce de ses parents.

À l’âge de sept ans, il écoutait souvent, assis sur l’escalier, ses parents se disputer. Sur scène, c’est une petite fille qui capte les émotions. Dos au public. Quand elle en a assez des querelles entre Dhaenens et Alejandra Theus, elle interprète un duo d’amour au piano.
Dhaenens : « Elle tente de recoller les pots cassés avec des chansonnettes mielleuses de Walt Disney. »

Dhaenens a grandi à l’époque de Bambi, de MacGyver et de l’Agence tous risques. « Dans les années 80, l’Amérique nous dictait notre morale. Peut-être même notre image du romantisme, de ce à quoi devait ressembler un week-end à Paris. »

Dhaenens : « En raison du divorce de mes parents, les disputes me fascinent depuis longtemps. Autrefois, j’ai essayé d’enregistrer des disputes de famille. Ou j’enregistrais en catimini des prises de bec dans le train, sans raison. Pour Domestica, je me concentre principalement sur des textes de théâtre, mais l’Île de la Tentation m’inspire aussi. Je suis en quête de l’origine, de l’essence de la dispute conjugale. Quels mécanismes les gens utilisent-ils pour rabaisser l’autre ? Que peut-on en apprendre sur le combat de l’être humain ? Est-il question d’une évolution de la dispute ? »

La structure fait penser à son monologue acclamé, DegrotemonD (Skagen, 2102), dans lequel Dhaenens passe au crible les discours des puissants de ce monde et les fait dialoguer entre eux. Ensuite, il a confirmé son talent et son succès avec DeKleineOorloG. Deux spectacles avec lesquels il parcourt le monde.

Depuis cette saison, Dhaenens fait partie de l’ensemble ouvert du KVS, où il ne désire pas seulement créer et jouer, mais aussi faire partie intégrante du fonctionnement. Dhaenens : « J’ai envie de réfléchir à ce que le KVS peut signifier pour Bruxelles et encore davantage à ce que Bruxelles peut signifier pour le KVS. À Bruxelles, chaque rencontre me paraît être un peu plus colorée. On peut s’y perdre et se retrouver dans un monde très différent. Il faut que le KVS soit un lieu ouvert où les gens se rencontrent et apprennent de nouvelles choses les uns des autres. »
Dhaenens fait encore un aveu : « Je n’ai aucun talent pour les disputes. Je les évite autant que possible. Les rares fois où cela m’arrive quand même, je vais jusqu’au bout. J’explose. Je veux faire mal. Aller jusqu’au K.O. ! Gênant, n’est-ce pas ? » 

 

Interview par Kris Kuppens