Rashif El Kaoui

Rashif El Kaoui a achevé ses études en 2014 au Conservatoire Royal d’Anvers où il a obtenu un master en écriture dramatique. Depuis il est acteur, rappeur, créateur sonore et auteur. En 2016, il a remporté le prix de littérature El Hizjra dans la catégorie prose. Il a déjà été publié dans Das Magazin et la publication en ligne Sampler 2018 de Das Mag.

Avec l’acteur Lucas De Man et le photographe Ahmet Polat, il travaille au projet De Man is Lam autour de la question : « que signifie aujourd’hui être un homme ». Après le spectacle de théâtre et l’exposition de photos, le trio a décliné le projet en série de podcasts, qui sont diffusés mensuellement dans l’émission culturelle de la chaîne néerlandaise VPRO, Nooit meer slapen.

On a pu voir Rashif El Kaoui dans des spectacles de 't Arsenaal, Het Paleis, fABULEUS, Monty et KVS. Il fait désormais partie de l’ensemble ouvert renouvelé du KVS où il a déjà joué dans Malcolm X, Odysseus, een zwerver komt thuis, Drarrie in de nacht (KVS) et JR (FC Bergman/Toneelhuis/NTGent/KVS).

Il enseigne en outre l’éloquence à l’Académie de Mortsel et donne des cours de techniques d’argumentaire de vente et de présentation pour les formations en entreprise de Fortio/Syntra.

Qui était ton héros dans ton enfance ?

Enfant, je me sentais plus en connexion avec le monde animal qu’avec celui des humains. Dans ma petite tête, les héros étaient toujours des animaux (la fourmi qui traversait la flaque d’eau au péril de sa vie ; le merle qui protégeait ses petits du chat…) Dans mon imaginaire, il y avait souvent une hermine avec des traits humains… autrement dit, j’avais peu d’amis quand j’étais petit…

Quelle profession voulais-tu exercer plus tard quand tu étais enfant ? 

Enfant, je voulais devenir interprète. Je trouvais ça génial les gens qui parlaient plusieurs langues et qui fonctionnaient comme des relais entre différents mondes. Comment maîtriser une langue avait en soi un certain pouvoir. Comment un interprète manœuvre entre l’un et l’autre, sans pour autant nécessairement devoir être l’un ou l’autre.

Quel est ton moment inoubliable sur scène ?

C’est difficile de nommer un moment spécifique… Chaque moment sur scène, quand on sent qu’il y a une ‘connexion’ entre soi et le public, est un moment à retenir. Quand ce qui est dit/fait sur scène se met à vivre dans l’esprit de la salle, il naît quelque chose qui dépasse la construction de la ‘représentation’/’performance’. Si je dois nommer un seul moment: le concert que j’ai donné ado à Karlskrona, en Suède.  J’étais dans un groupe de hip-hop et on avait gagné un concours de musique, ce qui nous a permis de donner quelques concerts en Suède. Quand quatre ‘morveux’ limbourgeois reçoivent la Suède sur un plateau dans un théâtre national, en tant que ‘morveux’, on se sent tout de même un instant comme le ‘king of the world’.  C’était si spécial justement parce que c’était si loin de chez nous, et parce qu’il n’y avait pas de ‘suite’ directe au concert.  Jouer pour jouer, la naïveté de l’instant et ‘getting hyped as f*ck’.

Qui est selon toi un héros (aujourd’hui) ?

Le prototype d’un héros, pour moi, c’est ‘Tank Man’. Ce Manifestant inconnu qui a bloqué une colonne de chars sur la place Tian’anmen en 1989. Un acte ‘inutile’ de résistance contre quelque chose de bien plus grand que soi. Entamer une lutte que l’on ne peut gagner et pourtant l’entamer.

Qu’est-ce que cela signifie pour toi de jouer dans Malcolm X au KVS ?

La figure de Malcolm X m’a toujours fait une forte impression. Même s’il est souvent représenté en noir et blanc (sans jeu de mots), toute sa vie est marquée par le changement. Le contraste entre sa détermination et son ‘openness for change’ est fascinant. En plus, je suis tout simplement ‘excited’ à l’idée de travailler avec une équipe de gens divers et talentueux.

 

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