Sachli Gholamalizad sur A reason to talk et (Not) my paradise

A reason to talk, le premier spectacle de Sachli sera bientôt presenté en français dans une coproduction entre KunstZ et le KVS.

Les spectacles que tu fais sont très personnels. Dans A reason to talk, tu interviewes ta mère. Parfois c’est très fort. Etait-ce par choix ? 
Je n’ai jamais été aussi dure par choix. Dans ma tête en tout cas, ce n’était jamais l’intention. Juste avant les enregistrements pour le film, nous avions eu une énorme dispute, et je ne pouvais pas faire comme si elle n’avait pas eu lieu. Il fallait faire les séquences filmées, tout simplement. Je ne pouvais pas les reporter, malheureusement. (rit) Mon ton est plus mordant que d’habitude, mais il est sincère. 

Tu as joué ce spectacle tant de fois. Vous a-t-il rapprochées ? 
Oui et non. Après toutes ces représentations, entretemps presque 70, je me retrouve toujours face à moi-même et à ma dureté envers elle, mais en même temps aussi à son aveuglement envers ma souffrance. Nous avons accepté que nous nous aimons très fort et que nous ne pouvons pas nous lâcher, et que nous nous rendons folles mutuellement aussi. Nous sommes le reflet l’une de l’autre. Nous réalisons que nous sommes qui nous sommes et que tous les facteurs autour de nous ont fait de nous ce que nous sommes. Avec nos qualités et nos défauts. Mais nous avons du respect et de l’amour l’une pour l’autre. Et heureusement, nous l’exprimons assez souvent l’une envers l’autre.

Comment expliques-tu le succès de cette histoire si éminemment personnelle ?
On a tous une mère. Beaucoup d’entre nous peuvent donc se reconnaître dans A reason to talk. La démarche de ce spectacle est très personnelle, oui, mais il parle de thèmes qui sont universaux, c’est pour ça que ça marche. La beauté de la tournée de ce spectacle, c’est qu’il relie les gens. Pour moi, faire ce spectacle était une grande catharsis, et je la sens aussi dans le public.

Et maintenant en français. Au Théâtre National ? Tu te réjouis ?
La possibilité de le jouer en français me permet maintenant de creuser et d’interpréter d’autres modes d’expression des sentiments. Les changements ont beau être subtils, pour moi, c’est une grande différence sur scène. Et je me réjouis énormément.

Puis il y a (Not) my paradise. Le deuxième, difficile.
Là aussi je me réjouis. Maintenant, je continue de chercher ma propre langue avec confiance. Je me sens soutenue pour chercher et explorer et je suis contente de pouvoir creuser encore plus profond, de pouvoir explorer encore plus loin la façon dont je peux réconcilier mon monde avec le monde là dehors. La façon dont je peux apprendre à positionner les deux mondes pour moi-même, et soumettre cela aux autres.