© Danny Willems

Les voix dont nous avons besoin

Moya Michael présente le troisième spectacle de sa série fascinante Coloured Swans. Pour cette nouvelle création, elle puise son inspiration, entre autres, à Lagos, dans des formes de spiritualité et dans les voix de jeunes talents afro-belges. À la demande du KVS, Moya Michael lève un coin du voile.

Avec Harriet’s ReMix, vous travaillez à la troisième partie de la série Coloured Swans. Dans la première partie, vous dansiez vous-même, pour la deuxième partie, vous avez travaillé avec le danseur David Hernandez et à présent, vous choisissez trois jeunes artistes : Loucka Fiagan, Oscar Cassamajor et Milo Slayers. Quelle philosophie sous-tend ces collaborations ?

« Je le conçois comme un concept “parapluie”. Je dési- rais créer une série de solos dans lesquels on travaillerait autour de certains thèmes, concepts, idées et récits et qu’on réunirait sous ce “parapluie”. C’est pour cela que j’invite des artistes aux antécédents divers et de différentes disciplines, en vue d’échanger des modes de travail et des histoires. Pour mettre à nu la complexité de nos expériences, les entrelacer et les faire culminer dans une création générique au sein de laquelle chaque rencontre donne lieu à un nouveau solo. »

Quelle direction souhaitez-vous prendre avec ce troisième solo ?

« Ce n’est pas encore entièrement décidé. En ce moment, je suis encore en train de rechercher toutes sortes de choses. Ce que je sais d’ores et déjà, c’est qu’il s’agira d’un solo qui s’articule autour de l’avenir. L’avenir de l’avenir de notre avenir ! Les deux premiers solos traitaient des origines, de l’héritage des ancêtres, du passé... Avec cette création, je sou- haite braquer les projecteurs sur l’avenir, en lien avec le passé et le présent. Je travaille avec trois artistes, donc il se peut que ce ne soit pas tout à fait un solo cette fois-ci... »

Ces jeunes artistes sont les voix dont nous avons besoin en ce moment et que nous n’en- tendons pas assez, hélas ! Ou peut-être ne les écoutons-nous pas assez attentivement ?

Pourquoi avez-vous spécifiquement choisi ces trois jeunes artistes afro-belges ?

« Pour le dire avec les mots de Nina Simone : “parce qu’ils sont jeunes, talentueux et noirs”. Qui plus est, ils sont l’avenir et chacun individuellement rend le spectacle rafraîchissant, complexe et punk, avec des accents africains. Je sais qu’ils se focaliseront sur mon esthétique et que je pourrai beaucoup apprendre de leur vision de l’avenir. Et j’espère qu’ils développeront aussi de nouvelles manières d’exprimer leur créativité. Mais surtout : ces jeunes artistes sont les voix dont nous avons besoin en ce moment et que nous n’en- tendons pas assez, hélas ! Ou peut-être ne les écoutons-nous pas assez attentivement ? »

En février, vous êtes parti à Lagos, la capitale économique du Nigeria, avec les trois artistes et le dramaturge urbain Tunde Adefioye. En quoi ce voyage était-il important pour votre nouvelle création ?

« Dans un premier temps, nous allions nous rendre à Lagos pour le festival danceGATHERING. Du coup, je me suis dit que ce serait bien d’aller au Nigeria en tant qu’équipe et de complètement nous immerger dans le pays. C’est avant tout un voyage d’études. Harriet’s ReMix, souhaite approfondir certains thèmes, dont celui de la spiritualité. Nous nous intéressons tous à l’Ifá, une religion ou plutôt un système de divination yorouba qui a servi de terreau à plu- sieurs autres formes de spiritualité comme le Candomblé, la Santería et le Vaudou. Nous souhaitons explorer cet “état d’être” spirituel et voir où cela nous mène pour le spectacle. »

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