© Danny Willems

Pitcho Womba Konga à propos de The Light That Never Goes Out

Lors du cycle The Light That Never Goes Out, le KVS fait entrer chaque fois dix spectateur·rice·s qui prennent place dans la salle de théâtre vide. Toutes les quinze minutes, un·e autre artiste prend place sur scène et livre sa performance sous le feu de la « servante », cette lampe qu’on n’éteint jamais au théâtre. Une expérience unique et intime ; avec des artistes tel·le·s que Pitcho Womba Konga. 

Vous faites partie des artistes qui participent au projet The Light That Never Goes Out. Pourquoi avez-vous accepté la proposition ?

« Je suis d’un naturel optimiste, donc lorsqu’on m’a proposé de participer à ce projet il y a quelques mois, je partais du principe que les mesures de sécurité concernant le coronavirus ne seraient plus qu’un mauvais souvenir aujourd’hui. Il me semblait intéressant d’explorer le scénario d’une petite scène pour un public très réduit. À mesure que le temps a passé, la situation a peu évolué et cet événement est devenu une nécessité pour moi. Une manière de continuer à me sentir vivant, car selon moi, vivre c’est avoir l’occasion de faire ce qu’on aime et de créer du lien avec les gens autour de soi. J’espère pouvoir saisir ce moment pour créer, autant pour moi-même que pour le public, une sorte de vide dans lequel nous pouvons brièvement oublier les masques et vivre conjointement un moment concret d’espoir. »

Que signifie pour vous être seul sur scène, et ce, face à un public aussi intime ?

« Pour moi, un contact aussi direct avec le public est un privilège. L’intimité dépendra de ce que je souhaite partager avec le public. Et on joue bien entendu de manière différente devant un petit groupe. J’ai souvent le sentiment qu’il est plus facile de jouer pour un public de mille personnes que de dix personnes. Peut-être que plus il y a de gens, moins on distingue des individus. Le public devient une unité, il forme un ensemble. On dirait presque que la masse d’yeux devient un seul œil, l’œil du cyclone. En météorologie, l’œil du cyclone est, contrairement à ce qu’on croit souvent, une zone de silence et de calme. C’est le lieu où l’on ressent le moins l’impact de toutes les turbulences environnantes. Peut-être est-ce la raison pour laquelle j’ai le sentiment de devoir faire moins d’efforts à mesure que le public est plus nombreux. Par ailleurs, il y a aussi la différence d’intensité, étant donné que l’énergie de l’artiste se partage et se diffuse à travers un nombre plus réduit de personnes. »

Pouvez-vous déjà nous dire quelque chose sur ce que vous présenterez ?

« À partir de mon parcours de rappeur et de poète urbain, la parole et la musique sont des éléments essentiels de mon approche artistique. Je pense donc que je présenterai un mélange de texte et de support musical. J’emmène le public en voyage poétique à la faveur de quelques textes de L’expérience Pi, un projet que je joue normalement avec les musiciens de l’ensemble Musiques Nouvelles. Ceci sera une édition spéciale étant donné que je serai seul en scène, uniquement accompagné de mes textes. »

Connaissiez-vous le concept de la servante ? 

« Oui, la petite lumière qu’on trouve dans tous les théâtres et qui reste toujours allumée, même quand il n’y a personne. C’est comme si la scène ne dormait jamais. Elle constitue un refuge toujours disposé à accueillir les artistes et le public. »

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