Sachli Gholamalizad à propos de The Light That Never Goes Out

Lors du cycle The Light That Never Goes Out, le KVS fait entrer chaque fois dix spectateur·rice·s qui prennent place dans la salle de théâtre vide. Toutes les quinze minutes, un·e autre artiste prend place sur scène et livre sa performance sous le feu de la « servante », cette lampe qu’on n’éteint jamais au théâtre. Une expérience unique et intime ; avec des artistes tel·le·s que Sachli Gholamalizad. 

Vous faites partie des artistes qui participent au projet The Light That Never Goes Out. Pourquoi avez-vous accepté la proposition ?

« Parce que le concept m’attire. Jouer pour un public plus restreint requiert une concentration et une maîtrise différentes ainsi qu’une autre sorte de contact avec le public. Cette période a révélé avec tant d’évidence à quel point l’art joue un rôle important et que c’est un privilège de pouvoir assumer ce rôle. De pouvoir être ensemble. De pouvoir se regarder dans les yeux et de se sentir. Dans ces conditions, il est plus difficile de jouer un rôle et plus facile d’établir un contact de manière différente avec un groupe de gens. Par ailleurs, je trouve important de continuer à me remettre en question en tant que créatrice de spectacles, d’interroger ma position. Et de me rendre compte que jouer et pouvoir être entendue ne coule pas de source. Je le ressens comme une (plus) grande responsabilité que je ne prends pas à la légère. Je l’envisage aussi comme un acte solidaire. Tant d’artistes réunis qui se relaient et s’alternent, qui font de la place l’un pour l’autre. En fait, j’aimerais beaucoup aussi pouvoir m’asseoir avec le public. Il me semble que ce sera une expérience unique au cours d’un moment sans doute charnière de nos existences, une expérience sur laquelle nous porterons par la suite un regard rétrospectif plein de sentiments chaleureux. »

 

Que signifie pour vous être seule sur scène, et ce, face à un public aussi intime ?

« Me retrouver seule sur scène n’est pas une nouveauté pour moi. Je recherche l’intimité dans mon travail et elle devient toujours plus difficile à atteindre à cause de la disposition classique de la scène dans un théâtre. Ceci me paraît une manière idéale d’à nouveau examiner ce que peut signifier le travail à petite échelle dans le développement de mes propres spectacles et de quelle façon je peux obtenir une nouvelle marge de manœuvre et de nouvelles idées en tant qu’artiste. »

 

Pouvez-vous déjà nous dire quelque chose sur ce que vous présenterez ?

« Non, je cherche encore l’histoire appropriée. Ce que je sais, c’est que ce sera le prolongement de la ligne que j’ai tracée au théâtre et dans ma recherche : je souhaite poursuivre le questionnement autour de la ligne intergénérationnelle de la famille, du rôle de la migration dans la construction identitaire et la manière dont celle-ci est transmise – dans mon cas – à la génération suivante, à mon enfant. Je pense à occuper la scène avec mon bébé, également comme une sorte d’interrogation de la manière dont je peux maintenir un équilibre entre la pratique artistique et la maternité. ».  

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