C’est avec une grande fierté que nous partageons, en tant que partenaire du Salavisa European Dance Award, la shortlist pour 2026. Lukas Avendaño (Mexique) — qui a été présenté lors de notre Próximamente Festival en 2024 — figure sur la liste aux côtés de Chiara Bersani (Italie), Dan Daw (Australie), Jefta van Dinther (Pays-Bas/Suède) et Mamela Nyamza (Afrique du Sud).
Ils et elles sont en lice pour le prestigieux prix de danse d’une valeur de 150 000 €, qui sera décerné en novembre à Lisbonne.
Le prix compte parmi les plus importants au monde dans le domaine de la danse. Il a été créé par la Fondation Gulbenkian à Lisbonne, en collaboration avec des institutions européennes majeures : Tanzquartier Wien (Vienne), KVS (Bruxelles), Dansehallerne (Copenhague), Maison de la Danse / Biennale de la Danse (France), Joint Adventures (Munich), Sadler’s Wells (Royaume-Uni), Fabbrica Europa (Florence) et Mercat de les Flors (Barcelone). Lors de la première édition, en 2024, le prix a été attribué à Dorothée Munyaneza et Idio Chichava.
Ce qui rend ce prix singulier, c’est sa mission. Le Salavisa European Dance Award ne vise pas à couronner une carrière, mais à soutenir de manière fondamentale un·e artiste prometteur·rice à un moment crucial. L’attribution du prix est confiée à un jury indépendant, composé en 2026 de la chorégraphe La Ribot (Espagne/Suisse), du chercheur Gurur Ertem (Turquie/Allemagne) et du curateur River Lin (Taïwan/France).
Ci-dessous, nous vous présentons les artistes nommé·e·s :

chiara bersani
Artiste de la scène, activiste et chorégraphe. Elle travaille sur l’accessibilité des artistes en situation de handicap dans le champ des arts vivants et explore la politique du corps ainsi que la manière dont les images que nous produisons interagissent avec les récits sociétaux. Elle est cofondatrice de Al.Di.Qua.Artists.
Lauréate de plusieurs prix, elle est co-commissaire de la saison 2025/2026 à Spazio Kor (Asti, Italie) et curatrice invitée de l’édition 2025 du festival international des arts vivants Bastards (Trondheim, Norvège). Elle est artiste associée à Triennale Milano Teatro pour la période 2025–2027.
La pratique chorégraphique de Chiara Bersani se distingue par une précision radicale, une profondeur conceptuelle et une urgence politique. Son travail propose une reformulation profonde des relations entre le corps, le temps, le regard et le pouvoir. Elle remet en question les esthétiques dominantes de la virtuosité, de la vitesse et de la productivité, pour leur opposer une pratique ancrée dans la durée, l’attention et une présence radicale.

dan daw
Artiste et producteur. Il débute comme interprète au sein du Restless Dance Theatre (Australie) en 2002. Tout au long de sa carrière, il collabore avec de nombreux chorégraphes et compagnies internationales. Il est Associate Artist au Sadler’s Wells à Londres.
Curateur et co-curateur de plusieurs festivals, il est également le fondateur de Dan Daw Creative Projects, une compagnie britannique dirigée par des personnes en situation de handicap. Celle-ci est à l’avant-garde de la création d’œuvres accessibles destinées à des tournées internationales, brouillant les frontières entre théâtre, danse et activisme. Parallèlement, elle œuvre à des changements structurels au sein des institutions et du secteur à travers des partenariats et des résidences de long terme pour les artistes sourd·e·s et en situation de handicap, ainsi que pour les publics.
Dan Daw est reconnu comme un artiste dont la contribution à la performance contemporaine transforme le champ tant sur le plan structurel qu’esthétique. Sa pratique conjugue de manière rare acuité conceptuelle, intelligence émotionnelle et nécessité politique, élargissant ce que la représentation, l’autonomie et l’intimité peuvent signifier sur scène. Sa pratique artistique est indissociable de son activisme : toutes deux revendiquent l’accès, l’autorité artistique, la complexité et la dignité.

jefta van dinther
Chorégraphe, danseur et enseignant. Au cœur de son travail se trouve la question de ce que signifie être humain, examinée en relation avec la société, la communauté et l’environnement, mais aussi avec d’autres formes de vie. Tout aussi centrale dans sa pratique actuelle est une implication croissante en faveur de l’accessibilité et de la diversité dans le champ de la danse contemporaine.
Il enseigne la chorégraphie à l’international dans divers centres et programmes de formation. Il a été Senior Lecturer et Directeur artistique du master en chorégraphie à Uniarts Stockholm. Depuis 2024, il est membre du Conseil consultatif de HZT Berlin, où il dirige l’espace de travail DIORAMA depuis 2022.
Jefta van Dinther est considéré comme l’un des chorégraphes les plus visionnaires de sa génération. Son œuvre aborde des questions profondes et universelles — telles que ce que signifie être humain en relation avec les autres, l’histoire et le monde — et révèle comment les corps sont façonnés par des forces sociales, culturelles et atmosphériques. En présentant l’humain comme à la fois biologique et relationnel, physique et psychologique, il a développé un langage chorégraphique dans lequel le corps n’est jamais seul. Il évolue au sein de constellations immersives de lumière, de son, d’objets et de matériaux qui transforment radicalement la perception.

lukas avendaño
Artiste de la scène, chorégraphe, anthropologue et écrivain. Formé en danse et en anthropologie, il fusionne dans sa pratique danse, rituel, ethnographie et activisme. Son travail s’appuie sur la muxeidad — le système social et de genre zapotèque qui remet en cause la binarité coloniale homme/femme et qui existait avant l’arrivée des Européens dans les Amériques — pour mettre en scène des explorations chargées de sexualité, d’indigénéité et de pouvoir.
Il a présenté son travail de manière extensive au Mexique et à l’international. En tant qu’activiste, il s’attaque à l’une des crises les plus urgentes des Amériques : la disparition et l’assassinat de personnes, parmi lesquelles son propre frère.
Son œuvre émerge dans un espace liminal où la danse devient une technologie de la mémoire, de la survivance et de l’imaginaire collectif. Elle a le potentiel de redéfinir la manière dont la danse contemporaine mondiale comprend le rituel, l’identité et l’activisme, en proposant de nouvelles méthodologies, de nouveaux imaginaires et de nouvelles possibilités pour l’avenir du champ.

mamela nyamza
Danseuse, enseignante, chorégraphe et activiste. Rejetée par ses professeurs de ballet classique en raison de sa morphologie naturelle, elle s’est presque inévitablement tournée vers la politique du corps. Elle est diplômée de la Tshwane University of Technology avec un National Diploma in Ballet, puis a poursuivi sa formation à la Alvin Ailey International School for Dance à New York.
Lauréate de plusieurs prix, elle a fondé l’organisation à but non lucratif MAMELAS ARTISTIC MOVEMENT, qui offre un foyer créatif aux artistes de la danse sans emploi et marginalisé·e·s en raison des politiques du corps.
À travers une pratique enracinée dans le féminisme, la critique décoloniale, la recherche autobiographique et un engagement indéfectible en faveur de la justice sociale, Mamela Nyamza contribue à remodeler les paysages performatifs africains et internationaux. Elle démontre comment le mouvement peut agir comme catalyseur de transformations culturelles et institutionnelles. La déconstruction du canon de la danse occidentale est centrale dans son travail : Nyamza met au jour les exclusions historiques inscrites dans ses structures et reconquiert un espace pour les corps noirs, queer et féminins historiquement marginalisés.