© Danny Willems

Manuela Infante

Manuela Infante est une femme de théâtre, metteuse en scène, autrice de scénario et musicienne chilienne. Détentrice d’un diplôme de bachelor en études théâtrales et d’un diplôme de master en analyse culturelle de l’Université d’Amsterdam, elle est surtout connue de nos jours pour son approche scénique de questions théoriques complexes. Elle ne considère pas le théâtre comme un lieu consacré uniquement à raconter des histoires, mais aussi comme un laboratoire de réflexion philosophique collective. Elle crée ses propres spectacles avec lesquels elle effectue des tournées en Amérique, en Europe et en Asie. Au printemps passé, elle a présenté sa production Estado Vegetal au KVS. Cet automne, elle revient pour nous parler de sa nouvelle création : Metamorphosis.

Cela fait plusieurs années qu’elle travaille autour d’un courant de pensée parfois qualifié de « tournant non humain » : elle met ainsi en lumière et en image ce que serait un théâtre non anthropocentrique, c’est-à-dire dans lequel l’être humain n’est pas central. Elle a déjà exploré diverses stratégies scéniques qui lui permettent d’interroger la notion « d’être humain » à partir de perspectives coloniales et genrées. Dans son monologue polyphonique Estado Vegetal (état végétal – 2017), elle analyse le dialogue étrange, voire impossible, entre les humains et les plantes.

Les Métamorphoses d’Ovide constituent une sorte d’inventaire des mythes autour de la transsubstantiation ou de la transformation de créatures qui défiaient déjà il y a deux mille ans l’idée d’une frontière distincte entre l’humain et le non-humain. Ce que les Métamorphosesd’Ovide présentent de très particulier, c’est qu’elles proviennent le plus souvent de scènes de dispute, de schisme ou de rupture. Le poème d’Ovide nous offre l’occasion de nous pencher plus en profondeur sur la manière dont la notion d’humain s’est forgée dans la culture occidentale et sur la façon dont les frontières étaient étroitement surveillées à l’époque, tout comme aujourd’hui. Qui a le droit de fouler le sol privilégié de l’humain ? Et qui est censé fuir vers d’autres horizons ?

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